20/09/2011 -

"La redistribution des chances"

Le deuxième round de cette coupe du monde  a rendu un verdict qui, même si la défaite de l’Australie contre l’Irlande n’était pas attendue , conforte la hiérarchie d’avant coupe du monde et confirme le classement IRB. Les grosses écuries seront bien au rendez des quarts mais pas dans l’ordre prévu. En effet, cette victoire surprise des Irlandais risque de créer une belle pagaille stratégique. D’une part les oppositions nord sud escomptées en quart de finale risque d’être reportées à la seule finale et les contrastes de styles attendus et leur évaluation en terme d’évolution du jeu en seront, certes pas éradiquées mais forcement moins significatifs, d’autre part coté Nord , l’accès à une éventuelle finale devient bien plus réaliste et donc réalisable, ce qui est plutôt réconfortant. A contrario, du côté du sud, cette nouvelle donne ne doit réjouir personne.


Seule l’Italie pourrait, en battant l’Irlande (on ne peut totalement l’ exclure) , à la fois rendre à l’Australie la première place de la poule que personne à priori ne lui contestait et du même coup remettre en place l’agencement nord sud attendu pour les phases finales.

Ce résultat et ces modifications, s’ ils se confirment vont modifier la carte du monde des valeurs. On peut le regretter mais c’est aussi une chance qu’en sport tout ne soit pas écrit à l’avance et que les probabilités soient battues en brèche.

Cette redistribution des chances va redonner de l’espoir aux Européens et l’approche stratégique des phases finales va en être abordée sinon différemment du moins avec un nouvel état d’esprit. Je pense particulièrement aux Tricolores à qui ce résultat va distribuer de l’oxygène puisqu’ils ont quand même battu l’Irlande deux fois dans les matchs de préparation, ce qui peut ainsi leur éviter de garder en créance les doutes nés des deux dernières victoires contre le Japon et le Canada qui curieusement ne peuvent satisfaire personne en terme de confiance. En la matière , il n’y a pas de vérité, ce qui fait douter est complexe et chacun - les joueurs comme le staff - dans une telle compétition attache des valeurs à tous les événements, certains resteront neutres, d’autres seront valorisés ou au contraire abaisseront le taux d’énergie déployée.

Mais une chose est certaine , c’est seulement ce que l’on produit en terme de qualité qui permettra d’approcher le jeu à faire avec des valeurs positives et de fuir les négatives. Dans ces circonstances, le match contre la Nouvelle-Zélande arrive à point. Rassuré sur l’avenir et sans réel soucis d’un résultat obligatoire, ce match devrait être joué avec envie et avec l’ambition de rivaliser au plan du jeu avec les favoris de la compétition. Indispensable pour que ce match soit enfin révélateur du réel potentiel de cette équipe, ou selon, de son impuissance. Un bon match nous placera dans les meilleures conditions pour être compétitifs en quart et demie contre des adversaires que l’on connait bien et que nous battons sinon tout le temps du moins régulièrement, auquel cas l’accesssion à la finale ne devient plus utopique.