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14/10/2011 -

"Faire douter les Gallois sur leur jeu"

Quitte à se répéter, gagner les ½ finales et accéder à la finale ne sera pas un exploit. Anglais comme Gallois sont des équipes que l’on connait, que l’on peut battre. Mentalement ce type d’opposition ne risque pas de nous amener ce surplus de stress qui inconsciemment existe quand nous rencontrons les équipes du sud, celui que j’appelle le mauvais stress qui parfois nous fragilise et nous fait déjouer car le rugby que ces nations nous proposent semble non pas inaccessible mais plus difficilement abordable. Cette première demi-finale entre européens ne va pas générer coté français la même angoisse que celle que nous aurait proposé la ½ finale attendue France-Australie. Ce serait indubitablement un risque que de se relâcher mais Marc Lievremont a bien insisté sur les effets pervers de la dernière victoire en ¼ de finale.


Ce match devrait ressembler à celui joué contre les Anglais à condition de ne pas laisser les Gallois emballer le jeu. Il s’agira d’opposer les mêmes arguments tactiques et le même degré d’engagement tant en attaque qu’en défense réalisés en premières mi temps. La défense française avait bien tenu la route en ¼ de finale devant des adversaires il faut le dire peu adaptatifs. Le collectif anglais s’était englué dans la pratique d’un jeu uniforme essentiellement latéral et n’avait pas ni même cherché les solutions adaptatives indispensables. Celui-ci avait particulièrement manqué d’efficacité. Ne pas, dans la foulée de cette première mi temps plutôt bien aboutie rester concentré tout le match risquerait contre les diables rouge de nous couter cher

A contrario, de celui des Français, le parcours des Gallois dans cette Coupe du monde a surpris favorablement. Produisant un jeu ambitieux, leurs performances en poule, y compris celle réalisée contre les Sud-Africains (défaite contre le cours du jeu et la mansuétude arbitrale), m’a plutôt séduite. On va avoir en face de nous une équipe particulièrement entreprenante. Il faudra que les Bleus sachent psychologiquement par une vigilance défensive constante surtout en début de match les faire un peu douter sur leur jeu. Mieux, si possible prendre le score, pour créer ce choc psychotique qu’aucune équipe n’apprécie quand on est mis en échec sur son jeu prioritaire. Changer en cours de match devient particulièrement difficile. Attention, les Gallois ne vont pas proposer aux Français un hourra rugby, mais bien un jeu total dans lequel le jeu à la main et jeu au pied s’enchaine avec pertinence. Autre atout non négligeable certains joueurs (pour n’en citer qu’un, Shane Williams) ont aussi l’art de transformer un mauvais ballon en un bon.

Cette vigilance défensive est capitale car elle procurera des balles de récupération, un domaine de jeu que maitrise plutôt bien les Français et bien moins les Gallois qui en investissant beaucoup de joueurs en soutien dans la zone du ballon, laissent des espaces utilisables par les récupérateurs. Faut il encore que le ballon récupéré soit joué le plus rapidement possible .

Un match qui devrait rugbystiquement donner une idée des espérances à avoir pour celui qui aura le bonheur d’accéder à la finale. Réponse ce samedi.