17/10/2011 -

Debrief des Demies

Sincèrement, je pensais, je l’avais dit dans mon précédent article, que les Français sur leur lancée avaient les moyens de passer le cap gallois. C’est fait et on est en droit de se réjouir de l’accès de la France à une troisième finale.


Pas grand monde en début de compétition aurait parier sur une place en finale, mais il a suffit d’une défaite des Australiens non programmée contre l’Irlande pour déplacer les oppositions prévues. En se retrouvant dans un tableau plus facile on s’engageait dans une mini compétition européenne qui ne pouvait devenir mondiale qu’en finale. En échappant à une opposition avec le sud, le défi pour accéder au sacre s’avérait bien plus accessible. La finale n’était plus intouchable, la preuve, mais dans ce match on y est pas pour grand-chose, ce sont les Gallois en restant fidèle à leur style de jeu qui auraient dû prendre ce billet de finaliste.

Etre satisfait du résultat est une chose, analyser comment il a été acquis en est une autre. La victoire amène toujours à relativiser la performance. Mais il me parait difficile de passer sous silence le jeu produit par la France dans le cadre de l’animation offensive. Celle-ci a été à ce niveau de compétition d’une rare indigence. Nous avons eu droit à un mauvais remake des matchs de poule précédents. La première mi-temps contre l’Angleterre avait permis d’entrer dans une cohérence tactique qui autorisait à espérer que le match successif verrait s’accroitre les ambitions de jeu de ce collectif prêt tout en même temps à relever le défi que les Gallois en terme de production de jeu ne manqueraient de nous proposer dans la continuité de leurs prestations précédentes .

Il y a beaucoup de manière de jouer et de concevoir le rugby pour obtenir le résultat souhaité. Comme quand on joue du piano, on peut avec un nombre limité de touches composer bien des symphonies différentes. On ne peut pas dire que les Français aient fait dans ce match une réalisation musicale harmonieuse.

Le concert attendu n’a pas eu lieu et le spectacle a été assuré par leurs adversaires qui n’ont pas manqué de faire valoir y compris en infériorité numérique des ambitions de jeu plus que louables et estimables. Là où les Bleus ont pêché en terme d’animation offensive, les Gallois n’ont cessé de mettre en œuvre et de faire surgir des variations créatives qui leur ont permis quelquefois de déstabiliser la défense adverse. Les Bleus sont donc restés comme dans les matchs de poule dans les starting blocks. Aucune réelle action collective, je parle de celles qui impliquent les uns et les autres dans la réalisation d’un jeu intelligent fait de mouvements efficaces qui provoquent, quand ils se concrétisent, l’inquiétude des adversaires.

Il est dommage, avant cette finale que la France n’est pas réussie, dans une telle compétition, à faire au moins un match référentiel, ce qui avait été le cas dans les précédentes éditions. Il reste maintenant peu de temps pour qu’il en soit ainsi, mais quel beau challenge de le faire en finale pour redorer l’image du jeu français dans cet hémisphère qui garde toujours du rugby français d’hier une haute estime.

Une production des Tricolores aussi triste en finale ne donnerait aucune chance de rivaliser avec le jeu que ne manquera pas de nous proposer les Néo-Zélandais. Ils ont logiquement battu les Australiens. Nous y reviendrons dans un prochain article.