L'attaque est-elle dans une impasse ?

06/09/2012

Le jeu d’attaque est-il aujourd’hui dans une impasse ? La mêlée pose problème mais ce n’est pas le seul secteur du jeu qui me pousse à répondre positivement.

 

Le jeu d’attaque est-il aujourd’hui dans une impasse ? La mêlée pose problème mais ce n’est pas le seul secteur du jeu qui me pousse à répondre positivement. La défense semble en effet la composante du jeu qui a le plus évolué, grâce à la prodigieuse rapidité avec laquelle les défenseurs, après plaquage, se distribuent et redistribuent à la fois dans la zone de plaquage et dans l’espace latéral. En délaissant maintenant pas tout le temps mais souvent la contestation dans les situations de rucks, il y a de moins en moins d’espaces libres puisque, de par les exigences de conservation, les utilisateurs du ballon impliquent plus de joueurs au point de plaquage que de défenseurs. La tendance défensive dans cette phase, qui devient le modèle tactique à mettre en place et œuvre, consiste à ne plus contester la balle en permettant ainsi à tout le collectif de se positionner bien en place à la fois près de la zone de plaquage et sur la largeur, position idéale pour, en attente du choix de jeu successif, intervenir avec efficacité . 


Dans ce cadre situationnel, le rapport de force momentané n’est pas pour autant déséquilibré. Il y a bien, face à face, en nombre, autant d’attaquants que de défenseurs mais le regroupement sur la balle des « gardiens du ballon » et leur positionnement corporel au sol ne les rendent pas, comme c’est le cas pour les défenseurs, immédiatement opérationnels pour assurer dans le mouvement successif un soutien utile. Il se crée ainsi, par contrecoup, pour les défenseurs (tous debouts et disponibles pour avancer) une situation particulièrement favorable pour aller chercher les utilisateurs bien au-delà de la ligne d’avantage. Contexte très dissuasif y compris pour les équipes prédisposées pour jouer à la main quelle que soit la forme de jeu à la main choisie, au près ou au large. 

La tendance, c’est de rendre les armes facilement et d’utiliser le jeu au pied, souvent par le demi de mêlée. L’efficacité de cette première option de jeu a le mérite de renverser la pression. Elle autorise la récupération du ballon créant ainsi des effets particulièrement déstabilisants sur la défense quand la balle est récupérée mais dans la plupart des cas, le ballon est rendu à l’adversaire. La deuxième option consiste à choisir un schéma de jeu précis bien coordonné, connu de tous, forcément programmé pour tenter de recréer une dynamique d’avancée déstabilisatrice. Ce que l’on voit le plus souvent, c’est la tentative de pénétration au plus près avec un jeu de passes minimal, mais globalement, ce n’est pas très efficient. Quelquefois, on joue plus au large en utilisant des leurres, une option très prisée dans le rugby de l’hémisphère sud. 

La solution pour faire face à ce choix défensif serait de ne pas donner la possibilité aux défenseurs de générer cette situation de jeu. Il s’agirait alors de rechercher la continuité de manière dynamique en jouant debout, ce qui pose le problème du comment jouer avant et au contact et avec quel soutien ou quand ce n’est plus possible de conserver cette dynamique grâce à une libération rapide du ballon par le joueur porteur de balle plaqué et ce, avec le minimum de partenaires en soutien immédiat pour protéger, non pas le ballon mais pour favoriser sa vitesse de sortie. Un tel jeu ne laisserait pas le temps utile aux défenseurs pour se positionner de manière ordonnée. Le jeu successif serait forcément adaptatif, aboutissant à la construction d’une action collective en s’appuyant sur la lecture du jeu défensif et donc sur la compréhension du rapport de force immédiat. 

Enfin, ce mode de défense sans intervention suite au plaquage outre les options tactiques contraignantes qu’il génère pour les attaquants pose un problème déterminant en terme de règlement. 

Dans ce contexte, le ruck existe-t-il ? Ma réponse est non ! 

Le ballon devient-il jouable pour les défenseurs ? Oui, car il n’y a plus de ligne de hors jeu. 

Pour les attaquants, la règle des 5secondes pour jouer la balle est-elle appropriée ? Non, nous sommes dans une situation de jeu ouvert, tout le monde peut jouer la balle. 

Que voit-on à ce jour ? Jusqu’à présent, l’équipe en défense reste naïvement en situation de défense en attendant que le ballon soit joué. 

Si cela se faisait, l’arbitre serait-il surpris ? Comment réagirait-il ? 

A méditer et vérifier !

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