Combat et trompe couillon

J’ai été face à l’obligation de deviner pourquoi les techniciens de l’époque (dans les années 50), tous très différents, étaient en difficulté pour enseigner la « prise de décision tactique en jeu », car ils étaient certains que cela ne pouvait pas s’enseigner

 

En rangeant quelques papiers de l’association, je suis tombé sur des notes prises le 22 novembre 2008, lors d’une réunion de ce qui allait être le bureau de l’association encore en gestation.

René DELEPLACE était évidemment parmi nous, ainsi que les membres actuels du bureau. Nous discutions du nom de l’association, et parlions de la « culture Française » du jeu. Il prit tout naturellement la parole presque en s’excusant à peu près dans ces termes (selon mes notes):

« J’ai été face à l’obligation de deviner pourquoi les techniciens de l’époque (dans les années 50), tous très différents, étaient en difficulté pour enseigner la « prise de décision tactique en jeu », car ils étaient certains que cela ne pouvait pas s’enseigner…

La situation était la suivante dans la moitié nord de la France :

Les anglais étaient basés dans le nord, et y pratiquaient leur rugby, le club parisien de l’US métro était particulier, avec ses trois racines : les travailleurs du sud-ouest, les travailleurs du sud-est, et les basques, cette grande diversité ne les empêchant pas de jouer très correctement ensemble.

Mais le problème de l’enseignement demeurait dans une région « nord » non rugbystique. Cela nous a conduit à créer les stages de Julien SABY en 1957 (qu’il évoque dans une vidéo cass 5-02) au cours desquels, nous avons été amenés à comparer ce que disaient les français et la réalité britannique, à laquelle a rapidement été confrontée la génération PRAT.

En fait, l’originalité française vient de loin, souvenez-vous de Clément DUPONT …(anecdote rapportée par Pierre VILLEPREUX  )

L’originalité française…

On se demande un peu où elle est passée…(cf l’article de Wayne Smith) car à part Bordeaux Beigles, le nouveau Stade Français, un peu Clermont, un peu Montpellier, et trop peu Toulouse, le jeu actuel ne ressemble-t-il pas à de l’affrontement pur et dur sans tentative d’évitement (de « trompe couillon » comme disait René).

Où est l’alternance entre l’affrontement et l’évitement qui fait la richesse et la beauté sauvage de ce jeu ?

Mais restons positif, nous avons au moins gardé « mouvement » dans le nom de notre association, ce n’est déjà pas si mal, non ?