Introduction de la télé dans l’arbitrage du Rugby

Introduction de la télé dans l’arbitrage du Rugby

Étant partisan de l’introduction de la télé dans l’arbitrage du rugby, il ne faut pas interpréter ce document comme étant un plaidoyer contre la mise en application d’un  tel système. Je veux seulement mettre en évidence les limites et les dangers d’une telle utilisation.

 

Je ne vais exposer que des constats desquels chacun pourra choisir entre les limites ou les dangers de ce système.

Il existe un grand principe que l’on ne peut ignorer : l’homme arbitre utilise ses yeux d’homme, la télé utilise les yeux extra terrestres de la caméra. Un tel constat devrait conduire le législateur à demander au TMO de ne prendre sa décision que sur des images présentées à vitesse normale et non au ralenti. Ce tel souhait émane du rêveur que je suis qui désire une décision prise par un homme et non par le biais d’une machine. Pour ce qui concerne en particulier le jeu déloyal, pour lequel l’arbitre peut consulter le TMO, le ralenti amplifie la gravité de l’acte et modifie inconsciemment la sanction de l’homme arbitre.

Je voudrais souligner la technique perverse de l’arrêt sur image qui à mon sens ne devrait jamais être utilisée. Pour être honnête cette technique est rarement utilisée. J'ai un souvenir précis d'un plaquage sans ballon sur joueur attaquant proche de l’en-but adverse qui aurait dû conduire à un essai de pénalité (Afrique du Sud Vs Angleterre où je supervisais l’arbitre). Or, sur un appel au TMO, un arrêt sur image a fait que le joueur a eu un contact furtif de la main avec le ballon quand il a été plaqué. Le TMO a jugé en- avant alors que le joueur n'a jamais eu le ballon dans les mains.

Pour la validation d’un essai, l’arbitre peut consulter le TMO. Dans une telle situation il pose en général une des deux questions suivantes : 1) « essai oui ou n on ? » 2) « Peux-tu me donner une raison pour laquelle je ne peux pas accorder l’essai ? ».

Pour répondre positivement à la première question le TMO doit impérativement observer si le touché à terre est clair et évident. Si tel n’est pas le cas, l’essai ne sera pas accordé et le TMO pourra indiquer à l’arbitre comment reprendre le jeu.

Pour répondre à la seconde question, l’arbitre n’est pas obligé de voir clairement le touché à terre, il doit seulement observer si des fautes antérieures au touché à terre n’ont pas permis la réalisation de cet essai. Par contre, s’il voit clairement que le touché à terre n’est pas valable, il doit en informer l’arbitre.

A partir de ces deux situations et des démarches du TMO nous pouvons noter qu’un essai sera plus facilement accordé sur la seconde question que sur la première.

 

Je ne ferai que soulever le problème de  certaines interventions intempestives du TMO qui me gênent, car parfois elles conduisent à un arrêt inutile du jeu.

 

Dans une rencontre où un TMO a été désigné, le réalisateur utilise plusieurs caméras. Dés lors, vous comprenez aisément que le match que nous observons à la télé est le match que le réalisateur veut bien nous montrer en fonction de sa sensibilité rugbystique et des caméras qu’il sélectionne.

Le TMO connaît normalement l’emplacement des caméras et peut demander au réalisateur de lui présenter sous plusieurs angles  la phase discutée. Je tiens à souligner que la décision de montrer  ces différents angles ne dépend pas du TMO mais du réalisateur. Ainsi je soulève un réel problème qui devrait choquer certains d’entre vous. Selon son degré de neutralité par rapport à la rencontre, le réalisateur a une grande responsabilité. Montrera-t-il tous les angles si « son » équipe peut être passible d’une sanction ? J’ose espérer une décision honnête de sa part. Malheureusement, j’ai quelques exemples de non vision  sur l’écran (et vus en live) de certains actes qui me laissent perplexe.

TMO = Télévision match officiel = Arbitre télé

Michel Lamoulie

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