Un état d’esprit qui  leur permet d’aller au bout de leurs  ambitions et de la réussite .  Cette assertion  a probablement  servi de fondement   motivationnelle  à Saint André  puisque pendant quatre ans il a toujours match après match soutenu que l’objectif à atteindre était bien de gagner la coupe du monde . « On avance , on sait où l’on va» ! Suite aux victoires c’est acceptable,  mais quand les défaites surgissent avec régularité c’est un peu moins crédible. Installer la préparation physique comme facteur déterminant de la performance attendue, une composante derrière laquelle un jeu qualificativement supérieur devait prendre forme , a permis de créer une certaine ambiguïté.  Celle d’une  option devenant recevable à condition de clairement définir comment on souhaitait mettre ce physique d’excellence à la disposition du jeu et… lequel ? Ainsi présenté, le défi proposé a pu rassurer les joueurs à défaut de les convaincre et ,on se doit de dire qu’il n’y a pas eu  de réactions négatives au sein du collectif . Un  jeu minimaliste s’est développé et construit derrière la défense, l’occupation  du terrain avec comme trop seul argument offensif combattre au plus prés. Cette priorité tactique où il est demandé de « prendre son temps » plutôt que des initiatives a sclérosé la production d’un jeu plus riche. La composition de l’équipe type s’inscrivant logiquement dans le cadre tactique .

Cette production  a autorisé quand  même  de gagner ,sans beaucoup d’élan collectif abouti,  les matchs de poule contre des adversaires abordables, de moindre calibres,  qui ont cependant tous proposé davantage d’ambition de jeu et pris plus d’initiative.  Un contenu trop  insuffisant lors de ce rodage pour espérer inquiéter des adversaires plus huppés (Irlande et  blacks) .

  Je me questionne pour comprendre comment la  France, une nation reconnue mondialement, il n’y a pas encore si longtemps pour son rugby pétillant,  ait  pu refuser de partager la modernité du jeu qui émergeait, non seulement dans les compétitions du sud, mais aussi chez les anglais et les celtes et ce depuis pas mal d’années ? Comment expliquer que  les petites nations avec des moyens bien inferieurs ont su en peu de temps et sans calcul ni appréhension entrer dans ce type de production ? Ils surent y  apporter  esprit, joie, et une fraicheur à la mesure de la crainte qui semblait être celles des tricolores dès qu’il s’agissait de sortir d’un jeu moins préfabriqué de moindre incertitude.

Le mal existait avant Les blacks. Cette lourde défaite dans un évènement majeur a mis clairement en évidence les carences de ce rugby. La production efficace ne peut se concevoir ni se rechercher par le seul physique des joueurs ni sur l’appui des technologies de toutes sortes d’analyse du jeu. Ce sont des facteurs de performance,  aussi intéressants soient ils, qui ne peuvent libérer les joueurs  vers la quête d’un rugby plus achevé. Je parle des manques observés dans la maitrise des mouvements collectifs des bleus.  Cette carence posent avec acuité le problème, de la justesse des choix de jeu à faire, des habiletés techniques qui vont avec , de la distribution optimale de chacun du fait de l’éclatement de la notion de poste en rôles à prendre ( La suppléance que le rapport de force attaque /défense impose).

Le discrédit actuel de l’équipe nationale touche de plein fouet le rugby français dans toutes ses composantes. Personnes,  aucune des institutions , ne peut dire aujourd’hui ne pas être concerné . Avec 400 000 licenciés la France est une nation majeure au niveau mondial or de fait, elle  n’est plus à sa place. Une opportunité majuscule est donnée d’évoluer , pas de remplacer , mais de fédérer d’abord en acceptant sans trainer des pieds que l’équipe de France soit au centre de la réussite d’une vision et d’objectifs tant à court terme qu’a long terme. La définition d’un style, derrière un projet clairement défini, visible, identifié pour  ne dire identitaire et  identifiable à tous les niveaux de la pratique est devenu incontournable.

Il va revenir à Guy Noves de fixer le cadre de cette rupture avec le jeu précèdent et  pour tous les acteurs de l’appréhender avec force ,  conviction,  voire courage. Un jeu qu’il ne s’agit pas de recopier  mais présentera  les traits de la modernité,  sa logique , sans pour autant renier nos  traditions disons comme Rosenberg «  la tradition du nouveau ».  

Ceci forcement implique, de remettre en ordre et en mouvement (comme le jeu)  tout un fonctionnement entre les diverses composantes de gouvernance du Rugby. Il va s’agir de créer des  interactions constructives pour rendre plus dynamique le système amateur et le professionnel, (  logiques économiques différentes) ,pour rendre commune la démarche de  formation, ses contenus en recherchant une cohérence dans et entre les   compétitions et l’arbitrage qui va avec. Mais également tout un  ajustement à réaliser ,des plus jeunes au plus haut niveau de performance et particulièrement  la cohérence  a trouver pour la filière jeunes et l’effet pervers que pose la présence massive de joueurs étrangers dans les divers championnats etc ..  Un effet qui diffusera logiquement sur les clubs tous niveaux confondus.

Accepter le jeu de l’équipe nationale comme un vecteur d’interaction positive entre toutes les structures et les acteurs . Déléguons un peu le pouvoir au jeu et à ceux qui le jouent pour aller ensemble dans la bonne direction. Un bien beau défi . Une utopie peut être,  un rêve surement !

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